Synthèse géopolitique & tech – Semaine du 12 au 18 Octobre 2026
L'ancien président sénégalais Macky Sall a annoncé le 17 octobre le retrait de sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies, au lendemain d'un vote informel du Conseil de sécurité qui a compromis ses chances. Lors de ce scrutin, Macky Sall a obtenu cinq avis favorables contre dix défavorables, dont trois émanant de membres permanents du Conseil, selon les résultats rapportés. La Costaricienne Rebeca Grynspan est arrivée en tête avec neuf avis favorables. Dans sa déclaration, Macky Sall a expliqué avoir pris cette décision « avec un profond sens des responsabilités », dans le but de contribuer à l'émergence d'une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité. Il a précisé avoir consulté le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la CEDEAO.
Le Sénégal et le Mali ont franchi une étape décisive dans leur coopération numérique avec l'interconnexion de leurs réseaux publics de fibre optique. Cette initiative vise à renforcer la connectivité régionale, réduire les coûts d'accès à Internet et améliorer la résilience des infrastructures numériques en Afrique de l'Ouest.
Le Maroc a annoncé le 12 octobre son positionnement dans la course africaine à l'informatique de l'intelligence artificielle. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie continentale visant à développer des capacités souveraines en IA, alors que les pays africains cherchent à réduire leur dépendance aux technologies étrangères.
Le laboratoire Hyperintelligence de Meta a lancé le 12 octobre deux nouveaux modèles d'IA, Muse Wonder et Muse Wonder Full, marquant une escalade dans la course aux modèles les plus puissants. Selon les résultats des tests de Meta, ces modèles obtiennent des scores équivalents à Fable 5.1 et GPT-6 Astra, les plaçant au niveau des meilleurs produits d'OpenAI et d'Anthropic.
La semaine a été marquée par plusieurs alertes majeures en cybersécurité. Des chercheurs ont connecté une technique d'infection publicitaire ciblée appelée AdFection à l'infrastructure du spyware Candiru, capable de compromettre un appareil ciblé sans que la victime n'ait besoin de cliquer. L'attaque a été utilisée contre au moins 45 appareils Windows appartenant à Al Jazeera. Par ailleurs, Microsoft et Health-ISAC ont démantelé un réseau de phishing responsable de plus de 1 milliard de messages malveillants ciblant 75 000 organisations. L'opération a permis de saisir des domaines et de désactiver plus de 20 000 comptes.
Apple a dévoilé une nouvelle gamme de produits pour la maison connectée, menée par l'HomeView, un écran intelligent à 299 dollars. La gamme inclut également un nouvel Apple TV 4K, un HomePod mini 2 et des accessoires connectés. Le HomeView, qui sortira le 13 novembre, sera initialement limité sur certaines fonctionnalités d'IA dans l'Union européenne. Parallèlement, la start-up Natura a présenté Interface AI, une bague intelligente à 99 dollars offrant un accès vocal à ChatGPT, Claude, Grok Bot et Meta Muse, avec un suivi des métriques de santé et une autonomie de 6 à 12 jours. Sur le front géopolitique, la France a proposé à la Roumanie de lui fournir des équipements pour assurer la sécurité en mer Noire, a annoncé le président roumain Nicuşor Dan à l'issue du sommet européen de Bruxelles. Lors de ce sommet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé les besoins de son pays pour 2027 à 70 milliards d'euros.
Le retrait de Macky Sall de la course à la tête de l'ONU pose une question de fond pour le continent. Sa candidature, portée par le Burundi au nom de l'Union africaine, avait été officiellement soutenue par le Sénégal à partir de juillet 2026. Le président Faye l'avait encore réaffirmée à la tribune de l'Assemblée générale en septembre, présentant Macky Sall comme le candidat d'un « leadership expérimenté ». Mais le vote informel du 16 octobre a révélé une réalité plus crue : trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont exprimé leur opposition. Au-delà des postures, cet échec interroge la capacité de l'Afrique à peser réellement dans les institutions multilatérales, alors même que le continent réclame depuis des décennies une réforme du Conseil de sécurité et une meilleure représentation. La question n'est plus de savoir si l'Afrique peut présenter un candidat, mais si elle peut en faire élire un. Pour les décideurs africains, l'enjeu est clair : sans unité continentale et sans stratégie d'influence coordonnée, les ambitions africaines à la tête des grandes organisations internationales risquent de rester lettre morte.
